Le jardinage qui soigne : l’hortithérapie

On sait d’instinct que mettre les mains dans la terre apaise. Depuis deux siècles, la médecine le sait aussi. On l’appelle hortithérapie : soigner par le jardin, faire du geste de cultiver un remède.

L’intuition est ancienne. Dès la fin du XVIIIe siècle, Benjamin Rush, l’un des pères de la psychiatrie américaine, remarqua que les patients qui jardinaient allaient mieux que les autres. Au XXe siècle, on soigna par le jardinage les soldats revenus des deux guerres, brisés dans leur corps et leur esprit. En 1973, aux États-Unis, une association vint enfin donner un cadre à cette pratique, et les jardins de soin se multiplièrent dans les hôpitaux.

Pourquoi la terre apaise

Le jardinage réunit tout ce qui régénère : un geste doux et répété, une attention tournée vers le vivant, un résultat que l’on voit pousser. Il sort de soi sans épuiser. On oublie la douleur, l’angoisse, la fatigue, occupé à tuteurer, arroser, attendre. Et il offre ce que la maladie confisque souvent : un rôle, une responsabilité, quelque chose qui dépend de nous et qui nous répond.

Il y a aussi une leçon de temps. Le jardin ne guérit pas en un jour, il oblige à la patience, aux saisons, à l’espoir raisonnable. Pour qui se reconstruit, cette lenteur est une école.

Un soin à la portée de tous

On n’a pas besoin d’un grand jardin. Quelques pots sur un rebord, une jardinière, des herbes à soigner suffisent. L’essentiel n’est pas la surface, c’est le lien : s’occuper d’un vivant, jour après jour, et sentir qu’en le faisant grandir, on se répare un peu soi-même.

Se reconstruire prend du temps, et l’on en connaît parfois le prix. L’hortithérapie en dit la vérité douce : prendre soin d’une plante, patiemment, est peut-être la plus simple des façons de prendre soin de soi.

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