Fleur d’oranger et néroli : la lumière portée sur la peau

D’un même arbre, l’oranger amer, naissent deux beautés jumelles et pourtant différentes. On appelle l’une néroli, l’autre fleur d’oranger. Toutes deux viennent de la fleur blanche et cireuse, toutes deux disent la lumière, mais chacune à sa façon.

Le néroli tire son nom d’une princesse. Au XVIIe siècle, Anne-Marie Orsini, princesse de Nerola, aimait tant l’essence de ces fleurs qu’elle en parfumait ses gants et ses bains, et lui laissa son nom. On l’obtient par distillation de la fleur, ce qui lui donne une odeur claire, verte, presque pétillante. La fleur d’oranger, elle, s’extrait autrement et garde davantage le miel et la chair de la fleur, plus ronde, plus sensuelle.

Une géographie du parfum

Grasse a fait sa gloire de ces fleurs, mais la fleur d’oranger appartient aussi, et profondément, à l’autre rive. En Tunisie, au Maroc, on distille depuis des siècles l’eau de fleur d’oranger, celle qui parfume les pâtisseries, que l’on asperge sur les mains des invités, que l’on glisse dans les rituels de mariage et de naissance. C’est une odeur de fête et de seuil, de bienvenue et de commencement.

Peu de parfums traversent ainsi les cultures. De la haute parfumerie française aux maisons du Maghreb, la fleur d’oranger relie deux mondes autour d’un même geste : accueillir, célébrer, adoucir.

La beauté qui éclaire

Sur la peau, néroli et fleur d’oranger font le même prodige : elles éclairent. Ni lourdes ni sucrées à l’excès, elles posent sur le corps une fraîcheur lumineuse, cette impression de peau propre et heureuse. C’est une beauté de lumière plus que de séduction, faite pour soi autant que pour les autres.

Le blanc de la fleur, la clarté de l’odeur, la mémoire des fêtes : tout, dans la fleur d’oranger, tient de l’aube. Une même fleur pour dire, d’une rive à l’autre, que la beauté peut être simplement de la lumière posée sur la peau.

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